Les cabanons de Christian Lagrange, tout un univers !

Publié le par Dominique

J'aime les rêveurs, les poètes et les utopistes.  Christian Lagrange cumule ces trois qualités qui font les grandes idées avec en plus une volonté de concrétisation qui ne pouvait que me donner l'envie de lui consacrer tout un post bien que très modestement il m'ait envoyé un mail me demandant simplement d'insérer l'adresse de son "petit" site comme il l'appelle avec beaucoup d'humilité sur mon tout aussi modeste blog.  C'est la qualité première des grands artistes car c'en est un à sa manière toute personnelle.  Je ne résiste donc pas à vous retranscrire ci-après la totalité du texte qu'il m'a fait parvenir.  C'est engagé certes, mais il en faut aussi de ces révoltés et de ces rebelles devant une société en quasi perdition.  Cela a au moins le mérite d'être rafraichissant.  En fin de page, je vous invite à cliquer sur l'image qui vous mènera dans une autre dimension, celle d'une vie à échelle humaine !

Parce que l’homme habite de plus en plus en client «consommateur », sans autre poésie, sur une terre de plus en plus ravagée par l’asphalte et le béton! Désormais, il ne bâtit plus dans l’intention que l’habitat soit réellement habité, mais dans l’unique intention qu’il soit habile à produire des plus-values. Devant la flambée des prix de la construction, construire devient une chose de plus en plus difficile, voire quasi impossible pour une frange croissante de la population. On constate qu’en s’infiltrant dans la nature, un peu partout germe une sorte de « cabanisation  spontanée », sous forme de cabanes, mais aussi de yourtes, caravanes ou autres abris de fortune. Bien qu’il soit difficile d’évaluer le phénomène, c’est une réponse évidente aux difficultés de logement. Habiter devient un luxe réservé à une élite, dont vous ne faites peut-être pas partie. Nous sommes donc face à deux solutions, soit être riche, ce qui n’est peut-être pas votre cas, soit habiter ces cages à lapins que notre société nous impose. Mais vous méritez mieux que les lapins. Tout le monde est en droit d’espérer mieux que de croupir dans des refuges de misère plus ou moins délabrés.

Faites donc face au système inflationniste du marché immobilier et envisagez l’alternative selon l’approche «simplicité-volontaire » en cultivant cet art de vivre dans des espaces condensés réduits à l’essentiel. Pourquoi ne pas imaginer habiter dans un petit cabanon astucieusement agencé. C’est une manière d’aller dans le sens de la décroissance, d’apprendre à consommer moins en habitant volontairement plus simplement. L’idée même d’habiter un cabanon exclut toute notion de richesse, parce qu’il n’y a pas de place pour y accumuler des objets. C’est s’offrir un style de vie plus proche de la nature et donner libre cours à son « imagination poétique". L’auto-construction est en quelque sorte le moteur de l’expérience, un moyen de se prendre en main, de se construire dans tous les sens du terme. Le logement doit rester l'affaire de tous et pas seulement des spécialistes, c’est à vous de le construire. Autoconstruire son habitat c’est faire l’économie de la main d’œuvre, soit 60% du budget de sa maison ou passer quelques mois à se construire sa maison plutôt que de passer toute une vie à se la payer. Plutôt que de construire votre cabanon isolé, envisagez l’idée d’habiter à plusieurs en vous regroupant en écohameaux, en vous partageant le terrain, les sanitaires et les infrastructures communes. Rassemblez-vous à plusieurs, en quartiers paysagés et construisez de manière compacte de manière mitoyenne, en vous regroupant à nouveau en rues, comme les vaches dans un pré, de manière à vous réchauffer les uns les autres. Cela permettra de mieux rentabiliser la surface du terrain, d’économiser le parement et les châssis d’une ou deux façades. Pensez «bioclimatique» ou solaire passif, aménagez votre cabanon en privilégiant les ouvertures au sud et en les réduisant au nord pour réduire les déperditions. Toutes les communes disposent de terrains, il suffit de négocier  et concrétiser un statut juridique.  C’est une alternative qui me semble aller de soi, un concept largement concrétisé au « Quartier de la Baraque » à Louvain la Neuve en Belgique. Il suffit d’inciter votre commune, à l’instar de Louvain-la-Neuve, à mettre un terrain communal à disposition via un bail emphytéotique ou toute autre forme de location. Ce choix politique permettrait de construire de petits ensembles de cabanons regroupés en quartiers paysagés et contourner ou anticiper ainsi la floraison sauvage de bidonvilles. La combinaison de toutes ces idées germe en moi déjà depuis pas mal d’années, elle n’est pas si utopique que ça, puisque, comme nous venons de le voir, elle existe déjà au «Quartier de la Baraque ». Il va de soi que cette idée nécessite un encadrement comprenant divers coordinateurs, comme un urbaniste, un architecte, un assistant social et j’en passe. Pour plus de facilités, ces éco-cabanons seraient équipés des sanitaires et infrastructures communes. Pour le reste c’est comme pour tout autre habitat collectif, une manière nouvelle d’envisager la vie, une piste que je vous invite à creuser. Si vous êtes motivés, contactez donc votre commune et proposez-leur le projet. Contactez-moi, c’est avec plaisir que je vous imaginarais votre petit ensemble de cabanons groupés. Mais peut-être sommes-nous obligés d’attendre une onde de saturation ou un événement de choc pour que de telles initiatives se développent ?               

Christian La Grange                   
christian_lagrange@skynet.be


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Publié dans cre-art-ure

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