Et maintenant un peu de douceur dans ce monde de brutes : le coin des poètes

Publié le par Dominique

Je voulais vous faire connaître les écrits (deux pour le prix d'un aujourd'hui !) de cette belle jeune femme qui porte bien son nom, Anne-Sophie Malice.  Ses textes, d'une grande fraîcheur, sont surtout drôles.  Et c'est suffisamment rare que pour être signalé.  Je vous invite à découvrir d'autres textes décapants sur son blog sur lequel elle vous accueille... avec un nez rouge !  Je ne pouvais que me sentir en famille avec cette poétesse d'un nouveau style.

Pléonasme

 

Pléonasme était un homme discret.
Il faut bien admettre qu'avec un tel prénom,
il avait des épaules de béton à porter.

Il n'était pas coureur de jupons,
il n'avait d'yeux que pour une,
elle s'appelait Manon.

Il décida de prendre à son cou,
ses deux traits à main levée de jambes,
de déclarer son amour et d'en faire un bijou.

Droit comme un i il s'avança,
vers la brunette au teint poudré,
en soubresauts, il bredouilla.

Manon bien qu'elle fut si belle,
et en avait toute conscience,
n'en n'était pas moins péronnelle.

Elle commença par un sourire,
avec retenue et curiosité,
puis se moqua pour en finir.

Pléonasme se senti soulagé,
il n'en attendait pas moins,
d'avoir ainsi son cœur délivré.

Il savait que de lui elle ne voudrait pas.
Mais qui l'on aime,
on ne le choisit pas.


Juliette et Pléonasme

 

On lui avait dit qu'un clou en chassait toujours un autre,
mais il avait eu beau chercher,
nul remède ad hoc il n'avait déniché.

Pléonasme s'était tardivement résigné,
laissant passer les jours des années,
leur cédant le droit de se ressembler.

Mais c'est par un après-midi d'octobre
qu'une merveille sous son nez déambula,
dans une tenue pourtant si sobre.

Ses cheveux étaient noir café
aussi raides que des cordes
aussi l o n g s que ses souhaits.

Elle s'appelait Juliette,
elle était videuse de truites,
la mine rieuse et joliette.

Lorsqu'elle perçut le regard de Pléonasme,
extasié comme un novice,
elle reconnu là son fantasme.

Un grand type aux membres effilés,
le regard tendre,
le sourire blanc enneigé.

Elle s'approcha,
ne pouvant le laisser filer,
des doutes, elle n'en avait pas.

C'est ainsi qu'il se sont trouvés, amoureux, fous.
Et si Pléonasme était son Roméo,
Juliette était le plus charmant des clous. On lui avait dit qu'un clou en chassait toujours un autre,
mais il avait eu beau chercher,
nul remède ad hoc il n'avait déniché.

Pléonasme s'était tardivement résigné,
laissant passer les jours des années,
leur cédant le droit de se ressembler.

Mais c'est par un après-midi d'octobre
qu'une merveille sous son nez déambula,
dans une tenue pourtant si sobre.

Ses cheveux étaient noir café
aussi raides que des cordes
aussi l o n g s que ses souhaits.

Elle s'appelait Juliette,
elle était videuse de truites,
la mine rieuse et joliette.

Lorsqu'elle perçut le regard de Pléonasme,
extasié comme un novice,
elle reconnu là son fantasme.

Un grand type aux membres effilés,
le regard tendre,
le sourire blanc enneigé.

Elle s'approcha,
ne pouvant le laisser filer,
des doutes, elle n'en avait pas.

C'est ainsi qu'il se sont trouvés, amoureux, fous.
Et si Pléonasme était son Roméo,
Juliette était le plus charmant des clous.

 

Publié dans écriture

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B
Nous avons tous les deux noté les mêmes poèmes... et pourtant, dieu sait si je n'y connais rien.J'aime bien et attends avec impatience la sortie de son recueil ( bien qu'il me reste une dizaine de livres en retard ).Bisous
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D
<br /> Oui, oui, j'y crois vraiment à la p'tite au nez rouge.  A intégrer d'urgence dans le gang du même nom.<br /> <br /> <br />